Le Sporting : Historique

17 courts dont 13 en terre battue et 1 mini-golf

D’abord joueur de Paume, il devint un excellent joueur de tennis; son professeur fut le célèbre Martin Plâa (fondateur de l’Association des Professeurs de Tennis). Il effectua une tournée professionnelle en France avec le très grand champion américain Tilden, Martin Plâa et Gledhill (n°2 américain) au début des années 30.

 « Maître-Professeur », il commença par entrainer l’équipe belge de Coupe Davis puis celles d’Inde, de Pologne et d’Espagne.

 Il quitta Bruxelles car Martin Plâa lui proposa d’être son adjoint pour entrainer l’Equipe de France à Roland Garros, équipe composée de Buzelet, Boussus, Marcel Bernard ainsi que les Mousquetaires Brugnon, Borotra et Cochet. Il fut à de nombreuses reprises entraineur de l’Equipe de France de Coupe Davis des années 30 aux années 50.

 

Formateur de nombreux champions dont Bernard Destremeau ou Henri Bolelli, il conseilla aussi l’ancien n°1 du tennis français, Pierre Darmon, qui estimait qu’Alfred Estrabeau était le tout meilleur technicien de tennis de son époque. 

Pour l’anecdote, il fut aussi le professeur de Jacques Chaban-Delmas (qui fut un très bon joueur : classé à –4/6 en simple et en 1ère Série en double), sans oublier A.Giméno, vainqueur de Roland Garros.

 Auteur de plusieurs ouvrages sur le tennis, Alfred ESTRABEAU pratiqua son art en Espagne à Barcelone et San-Sébastian, puis au CASG et Tir-aux-Pigeons à Paris. Il entraina aussi l’Equipe 1ere du Stade Français. Il avait une très grande réputation, celle d’un véritable professionnel « de terrain » ayant acquis une expérience remarquable

Didier Masson

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historique

Alfred Estrabeau en compagnie de ses élèves sur le court n°8 (collection Didier Masson)

Alfred Estrabeau au Sporting (collection Didier Masson)

Témoignage de Dominique Legeais, formé par Alfred Estrabeau et toujours membre en 2009 de La Baule Tennis Club.

Alfred Estrabeau a géré le club avec son épouse jusqu’en 1978 .Il a été professeur de tennis pendant la même période. 

LE JOUEUR

 Alfred Estrabeau  a été l’un des tous meilleurs joueurs de tennis français à l’époque des mousquetaires.Il s’entraînait avec Cochet. Il ne figure pas sur les palmarés car c’était un joueur professionnel. A l’époque, ces joueurs avaient un circuit qui leur était réservé. Ils jouaient sur les arênes.

 Après sa carrière, il est devenu entraîneur de plusieurs équipes nationales (Inde,Norvège).

 Il faisait partie des rares enseignants à avoir droit au titre de maître professeur.

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LE GERANT DU CLUB

Alfred Estrabeau était un personnage d’une grande classe et d’une extrême courtoisie. A l’époque, le club était déjà particulièrement animé. Plusieurs familles de joueurs passaient deux mois au club (les Gauvain , Legoux , Desthieux, Quelin). Les membres passaient toute la journée au club à jouer au tennis ou au bridge. Il est vrai que les réservations se faisaient par demi-heure ! Il n’y avait pas non plus de service de recherche de partenaires ! Celui qui voulait jouer devait donc passer des demi –journées entières au club.

 La fin de saison se terminait par le tournoi intérieur et la tournante Québru (Quelin-Brunet) qui réunissait 150 joueurs sur le court.central.

 La tenue correcte était exigée sur les courts. Il était hors de question de lacher quelques gros mots ! A Estrabeau avait une excellente oreille. Ainsi pendant un tournoi, ayant entendu un joueur lancé un juron, arrêta t-il sa leçon pour se rendre sur le court du coupable, baisser le filet et déclarer vainqueur l’adversaire. Le joueur exclu ne pouvait se plaindre auprès du juge arbitre R. Bouju qui partageait la même philosophie.

 Alfred Estrabeau était un amoureux de la terre battue. Chaque année, il procédait lui même à l’épandage du sel  pour conserver l’humidité des courts.

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LE PROFESSEUR

Alfred Estrabeau enseignait sur le court n° 8 en pantalon blanc, raquette Lacoste métallique à la main. Malgré son âge (il a enseigné jusqu’à 75 ans) il était très présent sur le court de 8h a 12h et de 16h à 19h. Il avait un ramasseur de balle et un renvoyeur de balle, joueur classé 15/2. Ce dernier faisait jouer l’élève à côté du Maître ou envoyait les balles au maître lorsque ce dernier se trouvait aux côtés de l’élève pour une démonstration.  

Alfred Estrabeau était un pédagogue hors pair. Sans jamais élever la voie il faisait progresser ses élèves. Il apprenait le jeu varié (lift ,chop amorti). Il fallait le réserver dès Pâques. Sa clientèle était hétéroclyte. Beaucoup de jeunes, quelques joueurs confirmés et des personnes fortunées.

 C’était un amoureux de la technique. Repérant sur un court un joueur dont un coup pouvait être amélioré, il l’invitait à profiter de ses conseils gratuits. Un vainqueur du tournoi classé –30 fût ainsi invité à faire des services le lendemain matin ! Malheureusement pour lui, le maître avait découvert une autre faiblesse irréparable pour un champion: les belles filles qui attendaient le joueur à la sortie du court.

 C’était un précurseur, acceptant le revers à deux mains alors qu’il était banni à la fédération jusqu’à la double victoire d’Evert et Connors.

 Alfred Estrabeau ne s’était pas fait que des amis à la fédération n’hésitant pas à critiquer  tous les adeptes du style unique de la prise unique. Il n’avait jamais pu admettre que les entraîneurs fédéraux aient fait perdre à Hervé Gauvain, l’un de ses meilleurs joueurs classé 3/6 à 13 ans, son revers à deux mains qui était exceptionnel.

Alfred Estabeau jeune joueur au service(collection Didier Masson)

Tous nos remerciements à D.Masson pour ces photos couleur d’ Alfred Estrabeau (collection de Paul Jalabert)

Quelques souvenirs de jeunesse au Sporting

Alfred Estrabeau, dont le nom est indissociable du Sporting, avait choisi pour emblème un pingouin, comme Alfred le pingouin de la bande dessinée Zig et Puce. Ce logo figurait sur les raquettes en bois qu’il faisait fabriquer  et que l’on pouvait acheter au club.

La photo le montrant en short est exceptionnelle, car il était toujours en pantalon blanc et portant très souvent un chapeau.

Les autres professeurs.

La première année du Sporting, A. Estrabeau a fait venir son ami Martin Plaa, son aîné de 6 ans, mais qui semblait encore plus âgé. Celui-ci officiait sur le court maintenant n° 2 et avait reçu le surnom de « Petits Pas » car c’était son dada.

A. Estrabeau a toujours fait venir un autre professeur, qui pratiquait des tarifs moins élevés. L’un des premiers fut M. Fodor. Dans les  années 70, ce fut Yves de Lonlay, qui resta longtemps au club. Décédé en 2008, il était le beau-frère de Jean-Loup Rouyer ; ce polytechnicien qui fit carrière dans le nucléaire  fut n° 3 français et joua la Coupe Davis.

Une autre figure marquante du Sporting fut Eugène de Kermadec, dit Gégène. Par ailleurs peintre abstrait renommé, cette forte personnalité était un grand passionné de tennis ; il a arbitré de 1946 à 1973 toutes les finales de Roland-Garros où l’on remarquait son crane chauve et bronzé. Chaque été, il venait par amitié pour A. Estrabeau faire le juge-arbitre pour le grand tournoi du Sporting.

Ce tournoi était l’occasion pour A. Estrabeau de faire venir à La Baule des joueurs parmi les meilleurs Français comme P. Darmon, G. Pilet, J.L.Rouyer bien sûr, J. Cl. Barclay avec son jeu atypique et bien d’autres.

Au groupe de animateurs, les frères Quélin, Patrice Brunet,… comment ne pas associer Jean-Yves Gauduchon, alors jeune acteur, qui jurait très fort lorsqu’il manquait un coup, au grand désespoir d’A. Estrabeau.

                                                       

Ph.Pangault, membre du Sporting depuis 1954

 
 
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